Accord UE-Mercosur : les agriculteurs alertent sur une concurrence jugée déloyale
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La colère du monde agricole s’est une nouvelle fois exprimée ce mardi devant le Parlement européen à Strasbourg. Des milliers d’agriculteurs, accompagnés d’environ 700 tracteurs, se sont mobilisés pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur. En ligne de mire : l’importation de produits agricoles issus de pays d’Amérique latine, perçue comme une menace directe pour les exploitations européennes.
Les professionnels du secteur alertent sur une situation économique déjà extrêmement fragile. De nombreuses exploitations peinent à dégager un revenu décent, avec des rémunérations mensuelles pouvant avoisiner les 1 000 euros. Dans ce contexte, l’ouverture accrue des marchés est vécue comme un coup supplémentaire porté à une agriculture en difficulté, alors que les coûts de production ne cessent d’augmenter.
L’accord UE-Mercosur est particulièrement critiqué pour la concurrence qu’il pourrait engendrer. Les agriculteurs dénoncent l’entrée sur le marché européen de produits ne respectant pas les mêmes normes sanitaires, environnementales et sociales que celles imposées aux producteurs français. Une différence de standards qui entraînerait, selon eux, une distorsion de concurrence au profit de produits vendus à bas prix.
Au-delà de la question du revenu, les manifestants mettent également en avant la pérennité de leur activité. Le refus de cet accord est présenté comme une condition essentielle pour continuer à produire localement et à proposer des produits conformes aux exigences européennes aux consommateurs. L’inquiétude porte aussi sur la qualité des denrées alimentaires importées, jugées incompatibles avec les attentes en matière de sécurité et de traçabilité.
La mobilisation, encadrée par les forces de l’ordre, doit se poursuivre jusqu’à demain. Les agriculteurs espèrent ainsi peser sur les décisions européennes et obtenir des garanties pour protéger leur revenu, leur métier et le modèle agricole européen face à une mondialisation qu’ils jugent déséquilibrée.

