L'IA dans le cinéma : « c'est un outil. Mais si tu n’es pas Léonard de Vinci, tu ne fais pas la Joconde. »

Jacques Thérence, le 22/04/2026 à 09:54
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À Cannes, le Festival International du Film IA (WAIFF) bat son plein. Courts-métrages générés par ordinateur, coûts réduits, nouveaux outils… mais une question reste centrale : l’émotion peut-elle être artificielle ?

Des films créés entièrement avec l’IA

Dans ce festival, certains films ont été entièrement conçus grâce à l’intelligence artificielle. José Amendola, de la Maison de l’intelligence artificielle à Sophia Antipolis explique qu' aujourd’hui, « ces technologies permettent de générer du texte, de créer des images animées, mais aussi de produire des musiques et des voix» . En quelques clics, un film peut voir le jour, sans caméra ni plateau de tournage .

L’humain reste au cœur de la création

Pour autant, les professionnels insistent : l’intelligence artificielle ne remplace pas la sensibilité humaine. « Ce n’est pas l’IA qui fait l’émotion, c’est la créativité humaine », souligne Marco Landi, fondateur du festival. Il compare ces outils à une simple extension des capacités des artistes : « L’IA est un outil. Mais si tu n’es pas Léonard de Vinci, tu ne fais pas la Joconde. »

Une révolution économique en marche

L’autre bouleversement est financier. L’IA pourrait profondément transformer l’industrie du cinéma. Selon les professionnels présents à Cannes, elle permettrait de diviser les coûts de production par 10, voire par 100. Un argument de poids pour les producteurs, mais qui alimente aussi les inquiétudes sur l’avenir des métiers du secteur.

Un festival entre innovation et tradition

Malgré cette révolution technologique, le Festival conserve ses codes. Le jury est bien humain, présidé par Agnès Jaoui, avec des invités comme Jean-Michel Jarre et Mathieu Kassovitz. La cérémonie de clôture se tient ce soir au Palais des Festivals.