Cadmium : près de la moitié des adultes français surexposés, l’Anses tire la sonnette d’alarme
L’Anses tire la sonnette d’alarme : près de la moitié des adultes français, soit 47,6 % de la population, dépasse les valeurs toxicologiques de référence pour le cadmium, un métal lourd cancérogène présent dans les sols et l’alimentation. Dans un rapport publié le 25 mars, l’agence sanitaire décrit une « imprégnation forte et croissante » qui touche tous les âges et qui nécessite d’agir rapidement et avec détermination pour limiter ses effets sur la santé. C’est la première expertise globale qui évalue l’exposition des Français tout au long de la vie.
Le cadmium s’accumule dans l’organisme car il est mal éliminé. Il est reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction et le neurodéveloppement. Il touche les reins, les os et, d’ailleurs, près d’un quart des cas d’ostéoporose lui seraient attribuables. Il touche également le système cardiovasculaire, le pancréas, la vessie, la prostate ou les seins. L’alimentation explique jusqu’à 98 % de cette contamination chez les non-fumeurs : les produits céréaliers comme le pain, les pâtes et les biscuits, les pommes de terre et les légumes en sont les principales sources. Les niveaux français sont trois à quatre fois plus élevés que chez nos voisins européens, en grande partie à cause d’une utilisation plus intensive d’engrais phosphatés minéraux qui enrichissent les sols en cadmium.
Pour réduire durablement cette surexposition, l’Anses appelle à agir à la source : abaisser d’urgence les teneurs maximales en cadmium dans les engrais, réduire la dépendance aux fertilisants phosphatés importés, exploiter mieux le phosphore déjà présent dans les sols et privilégier des variétés végétales moins accumulatrices. Elle demande aussi de revoir à la baisse les teneurs maximales dans les aliments les plus consommés et de renforcer les contrôles. Pour les consommateurs, elle suggère simplement un rééquilibrage : moins de céréales à faible intérêt nutritionnel, plus de légumineuses dix fois moins contaminées. Une transition agricole collective est indispensable pour protéger la santé publique sur le long terme.

