Nouvelle taxe sur les petits colis importés : un impact limité sur la consommation ?
Depuis le 1er mars, la France impose une taxe de 2 euros sur chaque petit colis importé depuis des plateformes chinoises comme Shein, Temu ou AliExpress. Cette mesure, votée dans la loi de finances, vise à freiner l’explosion des achats ultra-low-cost qui inondent le marché français : 775 millions d’articles ont été importés en 2024, soit presque dix fois plus qu’en 2021. L’objectif annoncé est également écologique, en tentant de réduire l’empreinte carbone liée à la production et au transport de ces produits.
Pour Pauline Debrabandère, de l’association Zero Waste France, l’efficacité de cette taxe reste limitée. « C’est juste une répercussion sur le consommateur, cela n’a pas d’effet direct sur la production », explique-t-elle. Selon elle, les entreprises continuent de produire massivement des articles peu coûteux, très consommateurs de ressources, avec un fort impact environnemental dès la fabrication. Même avec les 3 euros de droits de douane européens qui seront ajoutés dès juillet, le surcoût reste faible face aux prix de production chinois et les plateformes s’adaptent déjà en multipliant les entrepôts en Europe pour contourner la mesure.
Pour réellement lutter contre la fast fashion et la surconsommation, les associations environnementales réclament des pénalités plus généralisées et un encadrement strict des incitations à l’achat compulsif. Sans mesures plus ambitieuses, l’impact de cette taxe de 2 euros sur le comportement des consommateurs et sur l’environnement risque donc de rester marginal.

