Voitures et biocarburants : un coût trop élevé pour la planète
Photo : Pexels
Le biocarburant pourrait coûter cher en graisses animales. C’est l’alerte lancée par l’ONG Transport & Environnement alors que l’Europe réfléchit à l’avenir de la voiture après 2035. Parmi les alternatives au tout-électrique, certains industriels défendent les biocarburants, présentés comme une solution plus respectueuse du climat. Une solution pas forcément sans problème...
Selon l’ONG, une voiture roulant exclusivement avec des biocarburants issus de graisses animales consommerait l’équivalent de 120 cochons par an. À grande échelle, cette demande ferait exploser l’utilisation de graisses animales et d’huiles de cuisson usagées, des ressources pourtant limitées. Aujourd’hui déjà, les voitures européennes consomment l’équivalent de 200 millions de cochons abattus chaque année, uniquement pour produire ces carburants. L’autre enjeu, c’est aussi la dépendance aux importations. Plus de 80 % de l’huile de cuisson usagée utilisée en Europe vient déjà de pays comme la Chine ou la Malaisie. À terme, jusqu’à 90 % des biocarburants pourraient être importés.
Pour l’ONG Transport & Environnement, le message est clair : les biocarburants ne sont pas la solution miracle pour la voiture, sachant qu’ils sont souvent indispensables à des secteurs bien plus difficiles à décarboner, comme l’aviation ou le transport maritime. Selon Transport & Environnement, à eux seuls, ces secteurs auront bientôt besoin de deux fois plus de biocarburants durables que ce que l’Europe est capable de produire. Alors, pour la voiture, ils risquent surtout de retarder la transition vers l’électrique, mieux adaptée selon eux à la décarbonation du transport routier. Une fausse bonne idée écologique, qui pourrait coûter cher à la planète… et à notre assiette.

